Là où naît chaque stylo

Dans mon atelier, situé au cœur du Nord mais toujours relié au Sud par mes racines, j’accueille des bois qui arrivent des quatre coins du monde. Chacun d’eux porte une histoire et une couleur différente : le cocobolo brûlé par la chaleur des tropiques, l’ébène profond comme une nuit sans lune, l’olivier marqué par le temps, la chonta légère comme un souffle venu des Andes, le tarco doré, le jatoba rouge et bien d’autres essences nées du silence et de la patience des forêts.

Je travaille ces bois comme on manipule un souvenir précieux. Je prends le temps d’écouter ce qu’ils racontent, de sentir leur caractère et leur texture, et je leur offre une nouvelle destinée : celle de devenir un instrument d’écriture. Qu’il s’agisse d’un stylo, d’une plume fontaine ou d’un pousse-mine, chacun est pensé comme un compagnon de route, un objet qui accompagne la réflexion et donne forme aux idées.

 

Chaque création est unique. Aucune pièce ne ressemble à une autre, comme si la nature inscrivait elle-même sa signature dans les veines du bois. Je polis, je sculpte et je protège la matière, jusqu’à ce que la lumière glisse sur ses fibres et révèle sa beauté. Avec de la patience, de la chaleur et du temps, le bois prend vie et semble presque chanter sous mes doigts.

C’est ainsi qu’un stylo naît. Ce n’est pas qu’un simple objet : c’est un fragment de nature transformé en poème que l’on tient entre les mains. Je crée ces instruments pour les personnes qui aiment le geste lent, la pensée qui se dépose, l’odeur de la terre, la vérité des matières nobles et cette sensation particulière d’écrire avec quelque chose qui a vécu.

Je suis artisan, mais aussi témoin et passeur. Je relie la forêt à la main. Et dans chaque stylo que je fabrique, il y a un morceau de monde, un éclat de voyage et une petite braise d’humanité.

Mon parcours, ma passion

Dans mon atelier, le monde se tait.
Le bois tourne, respire, et je respire avec lui.
Dans chaque fibre qui se révèle, je trouve une paix simple, profonde,
comme une lumière qui revient doucement au cœur.

Façonner un stylo, pour moi, c’est retrouver le calme,
laisser mon esprit s’ouvrir,
et offrir à mes mains le privilège de créer quelque chose de vivant.